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Air, Énergie

Les villes dans l’air
du temps

 

Le Temple du ciel par une belle journée emplie de nuages puissants
天坛 Le temple du ciel à Pékin

 

 

Gaz, aérosols, particules fines sont des nuisances indétectables à l’œil nu. Elles flottent dans l’air et leur invisibilité ajoute à la menace réelle qu’elles font peser sur la santé. Cette invisibilité donne au phénomène un caractère insidieux propre à nourrir tous les fantasmes,  en particulier dans les villes où les pics de pollution sont redoutés.

En alerte, les villes mettent en place des mesures d’urgence comme les limitations de circulation et planifient des aménagements touchant autant à l’urbanisme, qu’aux équipements et aux usages. La qualité de l’air mobilise un nombre croissant d’élus mais certaines villes font plus d’efforts que d’autres. C’est pourquoi l’association Sootfree Cities a cherché à savoir quelles agglomérations mettaient en place les politiques de réduction de la pollution les plus efficaces. En étudiant 23 grandes villes d’Europe de l’Ouest, elle a établi un classement des villes les plus actives dans la réduction de leur pollution de l’air, ainsi qu’une liste de bonnes pratiques à mettre en place. Voici les conclusions de leur étude et le classement.

En évaluant les grandes villes européennes sur ces bonnes pratiques et d’autres critères pertinents, Sootfree City construit un classement des villes faisant le plus d’efforts pour réduire la pollution de l’air. Voici les 10 premières.

  1. Zurich
  2. Copenhague
  3. Vienne
  4. Stockholm
  5. Berlin
  6. Paris, Helsinki, Londres et Stuttgart à égalité
  7. Amsterdam
  8. Graz
  9. Dusseldorf et Lyon à égalité
  10. Bruxelles

Les villes du podium obtiennent des scores supérieurs à 80% (89% pour Zurich, 87 pour Copenhague et 84 pour Vienne) grâce à des politiques ambitieuses. Zurich et Vienne obtiennent un très bon score dans leurs efforts de réduction des émissions de CO2, notamment par leurs politiques de mobilité multimodale, car les moyens de transport individuels et le chauffage participent à l’émission de polluants. Copenhague obtient un très bon score dans la promotion du vélo et de la marche ainsi que pour les transports publics. Cette ville obtient un bon score en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les villes suivantes illustrent des situations variées. Ainsi, si la multimodalité est à peine satisfaisante à Londres (qui dispose d’un système de transports en commun très cher, et moyennement dense), elle est excellente à Paris, avec son réseau de métro, RER trains et bus très dense et accessible. La capitale anglaise fait en revanche mieux que Paris sur la réglementation des émissions de particules fines des engins de construction. Berlin quant à elle obtient d’excellents scores sur la question des zones basses émissions ou sur la flotte des véhicules publics, mais a à peine la moyenne sur la promotion des transports publics ou de la mobilité active.

Œuvre de l’artiste Fujiko Nakaya ©zoom

 

Comment réduire la pollution de l’air dans les villes

D’abord, en étudiant les villes ayant le mieux réussi à faire baisser leur pollution de l’air, l’étude parvient à dégager des bonnes pratiques efficaces. Parmi elles on peut notamment citer

1. Développer le réseau de transport en commun

Cela permet de limiter les besoins en transport individuel (notamment la voiture) et donc d’assurer à la fois une baisse des émissions de gaz à effet de serre et des émissions de particules fines liées au transport

2. Établir des zones basses émissions

Il s’agit de zones limitées dans les centre-villes où les circulations sont limitées et les émissions (chauffage au bois par exemple) sont limitées afin de préserver la qualité de l’air. Il peut s’agir notamment de zones densément peuplées, ce qui permet de limiter l’exposition des populations.

3. Augmenter le contrôle et la pression financière sur le stationnement

L’objectif est d’inciter les usagers à utiliser d’autres moyens de transports que la voiture lorsqu’ils se rendent en centre-ville, mais aussi de limiter la surface occupée par les places de stationnement. Ainsi on peut densifier l’habitat ou végétaliser l’espace ce qui contribue à réduire la pollution de l’air. Ainsi, à Paris, les places de stationnement représentent une surface équivalente au 16ème arrondissement, qui pourrait être utilisée à meilleur escient si les besoins en stationnements étaient limités.

4. Améliorer la gestion des embouteillages

L’idée est simplement de mettre en place des mécanismes pour limiter la circulation en véhicule individuelle. Taxes d’accès, péages urbains, circulation limitée dans certaines zones : tout ce qui permet de limiter le trafic, la congestion et globalement la circulation automobile permet de limiter la pollution de l’air. Evidemment, il y a également la possibilité d’appliquer ces limitations seulement à certaines classes de véhicules, les plus polluants.

5. Promouvoir le vélo

Evidemment, qui dit moins de circulation automobile dit nécessité de trouver des modes de transport alternatifs. D’où l’idée de faire la promotion du vélo, et en particulier des vélos cargos : dotés de remorques permettant de transporter de petits volumes, il est adapté à la vie en centre-ville.

La communication, une est clé dans un plan de réduction de la pollution en ville

Grâce à cette étude, on a une meilleure idée des efforts à fournir pour réduire la pollution de l’air. Et le chantier est vaste. D’une part, on constate que les villes qui obtiennent les meilleurs scores sont souvent des villes « moyennes » (en tout cas pour des capitales). Zurich et Copenhague comptent chacune un peu plus de 400 000 et 600 000 habitants respectivement. Stockholm en compte moins d’un million. Vienne quant à elle plafonne à un peu moins de 2 millions. Rien à voir avec les aires urbaines de villes comme Paris ou Londres, qui comptent plus de 10 millions d’habitants. Forcément, en termes de densité de transports, cela pose des problèmes différents.

Ensuite, alors que certaines métropoles parviennent sans problème à réduire leurs émissions de CO2, à imposer des zones zéro émissions ou à généraliser les transports en commun, cela semble structurellement plus complexe pour d’autres. En tout état de cause, il semble difficile pour une ville de mettre en place en même temps tous les dispositifs susceptibles de réduire la pollution de l’air. Ainsi, dans le cas de Paris, on voit bien la difficulté à réduire les émissions de CO2 de la ville, encore largement otage de la dépendance à la voiture individuelle, malgré des efforts conséquents de promotion des transports publics. Si la ville fait des efforts pour réduire l’utilisation de la voiture dans le centre-ville, avec des zones à émissions restreintes, les dispositifs ne sont pas toujours bien accueillis. Nous sommes ici dans un paradoxe, puisque l’on sait, par ailleurs, que plus des 2/3 des Franciliens s’inquiètent de la dégradation de la qualité de l’air dans leur région…

Face aux désirs souvent contradictoires des citoyens, des contraintes économiques ou structurelles, la mise en place de politiques de réduction de la pollution de l’air dans les grandes villes européennes progresse, mais trop lentement. Il va pourtant falloir rapidement comprendre que c’est un enjeu prioritaire, car ses effets sur la santé se font déjà sentir : 200 000 personnes meurent chaque année de façon prématurée à cause de la pollution de l’air en Europe.

Le musée des nuages accompagne les entreprises et les collectivités dans leur action en faveur de environnement. Nous organisons, ou nous participons à des manifestations artistiques, qui sensibilisent aux dimensions élémentaires de l’atmosphère à travers la mise en lumière de ses principaux composants : l’Eau, l’Air, l’Energie. Nous adaptons chacune de nos propositions à son contexte afin de susciter l’adhésion de tous par des actions artistiques basées sur la co-construction et la participation.

Effets de Serres, Parc André-Citroën, Paris, juin 1997

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Posté par

Simon Lucas

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